L’ail noir, allié anti cholestérol ?

Illustration ail noir

Si l’ail frais est réputé depuis l’antiquité pour ses nombreux bienfaits (douleurs, affections cutanées, problèmes digestifs et respiratoires, …), on sait aujourd’hui que l’ail noir possède des bienfaits permettant d’agir sur le Cholestérol. Voilà pourquoi il est aujourd’hui un complément alimentaire contre le cholestérol populaire.

Découvrir => les raisons de choisir l’ail noir fermenté bio en gélules

Sur quelles données scientifiques ces propriétés reposent ?

Qu’est ce que l’Ail Noir ?

L’ail à travers l’histoire

Originaire d’Asie centrale (Kazakhstan, Tadjikistan, Xinjiang, …), l’ail est utilisé depuis 5 000 ans et figure dans la plus ancienne recette de cuisine originaire de Mésopotamie.

La culture de l’ail était largement répandue en Égypte vers 3 750 ans av. J.-C. et dès l’antiquité, l’ail frais est reconnu pour ses bienfaits sur la santé :

  • Un papyrus égyptien mentionne l’ail à 22 reprises pour traiter différentes maladies,
  • Les Grecs et les Romains lui prêtaient un pouvoir fortifiant et le donnaient à manger aux soldats en campagne,
  • Les athlètes grecs en consommaient de grandes quantités, pour son pouvoir fortifiant (les propriétés de vasodilatation, de broncho-dilatation de l’ail revêtent effectivement un intérêt évident pour améliorer les performances sportives),…

Plusieurs composés présents dans l’ail, notamment des composés soufrés, comme la S-allyl-cystéine, pourraient être responsables de ses effets bénéfiques, dont une action positive sur les déséquilibres lipidiques plasmatiques(1).

L’ail noir vielli

L'ail noir n’est pas une variété d’ail mais d’une préparation d’ail fermenté dont la recette a été élaborée au Japon dans les années 2000 ; les gousses d’ail sont laissées à fermenter durant 15 à 20 jours dans un lieu clos, chaud (entre 60 et 80 °C) et humide (70 à 90 % de taux d’humidité).

L'ail subit alors une réaction chimique lente (réaction de Maillard) qui va conférer aux gousses d’ail une couleur noir charbon et modifier nombre de ses composés.

Comparé à l’ail cru, la concentration en S-allyl-cystéine est plus importante dans l'ail noir dont la fermentation produit également de la S-allyl-mercaptocystéine ; il a été démontré que ces 2 composés augmentent les niveaux d’antioxydants, empêchent l’agrégation plaquettaire et renforcent l’activité anti-athérogène (lutte contre le dépôt de Cholestérol dans les artères) en agissant sur la répartition entre « bon » et « mauvais » Cholestérol dans le sang(2).

Le Cholestérol

Qu’appelle-t’on « bon » et « mauvais » Cholestérol ?

Le Cholestérol est une substance lipidique indispensable au corps humain car il participe à l’architecture de nos cellules et est à la base de nombreuses molécules essentielles comme les hormones.

> Découvrez aussi : La levure de riz rouge pour la maitrise du cholestérol

Toutefois, son excès peut être néfaste en particulier au niveau cardio-vasculaire.

Lorsqu’on parle de « bon » et de « mauvais » Cholestérol, on fait référence à des protéines auxquelles doit se lier le Cholestérol pour circuler dans le sang et non au Cholestérol qui se trouve dans les aliments.

Les deux principaux transporteurs de cholestérol dans le sang sont ;

  • La « Low-Density Lipoprotein » (LDL ou lipoproréine de basse densité) dont la composante protéique est l’Apolipoprotéine B ;
  • Le « Hight-Density Lipoprotein » (HDL ou lipoprotéine de haute densité) dont la composante protéique est l’Apolipoprotéine A1.

Mais quelle est la différence entre HDL-Cholestérol et LDL-Cholestérol ?

La fonction des LDL est de transporter le Cholestérol dans le sang pour l’apporter, à travers le corps, à nos cellules où il sera utilisé.

Lorsque la quantité de LDL-Cholestérol est trop importante, elles peuvent venir se coller à la paroi des artères induisant la formation d’une plaque d’athérome pouvant boucher cette artère.

Ainsi, des taux élevés de LDL-Cholestérol augmentent le risque de maladie coronarienne et donc d’infarctus du myocarde ; le LDL-Cholestérol est appelé le « mauvais » Cholestérol.

En revanche, les HDL ont la capacité de capter le surplus de Cholestérol puis de le transporter vers le foie afin qu’il y soit éliminé ; le HDL-Cholestérol est le « bon » Cholestérol.

Les personnes ayant un LDL-Cholestérol (« mauvais » Cholestérol) élevé et/ou un cholestérol HDL-Cholestérol (« bon » Cholestérol) diminué ont un de risque augmenté de développer une maladie coronarienne.

Pour prédire les risques cardiovasculaires liés à une trop grande quantité de Cholestérol dans le sang (hypercholestérolémie), il est utile de mesurer le rapport Apolipoprotéine B des LDL (« mauvais » Cholestérol) sur Apolipoprotéine A1 des HDL (« bon » Cholestérol) qui est considéré comme un marqueur de ces risques : plus ce rapport est petit, plus les risques sont diminués.

L’efficacité de l’ail noir sur le Cholestérol à travers les études cliniques

Une méta-analyse(3) publiée en 2013 dans la revue « Nutrition Reviews » a compilé et analysé les résultats de 39 études cliniques étudiant l’effet de l’ail sur les taux de Cholestérol total, de LDL-Cholestérol, de HDL-Cholestérol et de triglycérides.

Les résultats de cette méta-analyse suggèrent que l’ail est efficace pour réduire les taux de Cholestérol total et de LDL-Cholestérol (« mauvais » Cholestérol), en particulier s’il est utilisé pendant plus de 2 mois chez des personnes ayant un taux de Cholestérol total légèrement élevé ; le taux de HDL-Chlolestérol (« bon » Cholestérol) était lui légèrement augmenté.

Par ailleurs, l’analyse par type de préparation à base d’ail a montré que la diminution du Cholestérol dans le sang (effet hypocholestérolémiant) était plus importante pour l’ail noir vieilli que pour la poudre d’ail ou l’huile d’ail.

Les auteurs concluent que les compléments alimentaires à base d’ail pourraient être considérés comme une option complémentaire aux médicaments hypocholestérolémiants conventionnels chez les patients légèrement hypercholestérolémiques.

Une étude clinique(4), dont les résultats ont été publiés en 2014 dans la revue « Nutrition », a étudié spécifiquement les propriétés hypocholestérolémiantes de l’ail noir vieilli chez des patients ayant des taux de Cholestérol légèrement élevés.

Cette étude randomisée a été réalisée en double aveugle en comparant l’efficacité de l’ail noir vieilli à celle d’un placebo (composé inactif) : le traitement était donc attribué au hasard sans que le médecin ni le patient ne sachent quel traitement recevait ce dernier (ail noir vieilli ou placebo).

60 volontaires des deux sexes ont été inclus dans cette étude et ont reçu, après tirage au sort, soit la préparation d’ail noir vieilli soit le placebo qu’ils ont pris pendant 12 semaines.

A l’inclusion dans l’étude, l’âge moyen de ces volontaires était de 50 ans, ils présentaient une légère hypercholestérolémie et ne prenaient pas de médicaments pour réduire leur taux de Cholestérol (ces médicaments étaient de plus interdits pendant l’étude).

Après 12 semaines de supplémentatation, des différences statistiquement significatives en faveur du groupe de patients ayant reçu l’ail noir vieilli par rapport au placebo en ce qui concerne le « mauvais » Cholestérol) avec des diminutions des taux de :

  • LDL-Cholestérol ;
  • Apolipoprotéine B.

La mesure du taux de Cholestérol total n’était pas significativement différent entre les deux groupes, bien que le Cholestérol total ait montré une tendance à la baisse dans le groupe ail noir vieilli.

En revanche, il n’y avait pas de différences statistiquement significatives entre l’ail noir vieilli et le placebo en ce qui concerne les marqueurs du « bon » Cholestérol même si pour les patients recevant l’ail noir vieilli, le taux d’Apolipoprotéine A1 a été diminué significativement entre le début et la fin de l’étude.

Au total, le rapport Apolipoprotéine B/Apolipoprotéine A1, (« mauvais » Cholestérol/« bon » Cholestérol), a été significativement diminué pendant l’étude pour les patients recevant l’ail noir vieilli par rapport à ceux recevant le placebo, ce qui suggère une diminution des risques cardiovasculaires pour les patients ayant reçu l’ail noir vieilli.

C’est la première fois qu’une étude permet de mettre en évidence les effets bénéfiques de l’ail noir vieilli sur les paramètres impliqués dans la formation de la plaque d’athérome et sur un marqueur des risques cardio-vasculaires.

Ressources

Article rédigé par Gilles Badot
Ancien directeur de l’information scientifique et de la recherche clinique des Laboratoires Genevrier