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Millepertuis

Aussi connu sous le nom de « chasse diable », le millepertuis était considéré il y a plusieurs siècles comme une plante magique capable d’éloigner les esprits diaboliques … A défaut de pouvoirs magique, cette plante herbacée est dotée de nombreuses vertus santé.

Origine

Le millepertuis est une plante herbacée vivace originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie centrale. Elle aime les régions secs et ensoleillées, et appartient à la famille des Hypericaceae. Le millepertuis est utilisé depuis plus de deux mille ans pour soulager les maux de l’âme et éloigner tous types de sorcellerie.
A l’Antiquité, on s’en servait pour traiter les troubles nerveux, le médecin grec Dioscoride disait déjà « il est aux nerfs ce que l’arnica est aux vaisseaux ». La tige du millepertuis regorge d’un macérât huileux de couleur rouge. La légende voulait alors qu’il soit issu du sang de St Jean-Baptiste, prophète décapité au 1er siècle. On surnomme alors le millepertuis « herbe de la Saint-Jean ».
Puis, au Moyen-Âge c’est sous l’appellation de « chasse-diable » qu’il est connu. On l’utilise pour traiter les troubles de l’humeur, l’anxiété ou encore les crises d’hystérie. Au XVI è siècle, Ambroise Paré – inventeur de l’anesthésie – l’utilisait pour soigner les blessures de soldats.
Son nom millepertuis - mille trous – vient de l’apparence de ses feuilles qui semblent percées de milliers de petits trous. Il s’agit en fait de vésicules remplies d’huiles volatiles, riches en principes actifs.

Principes Actifs

Le millepertuis est riche en nombreux principes actifs, mais les plus importants sont incontestablement l’hypéricine et l’hyperforine.

  • L’hypericine sert de marqueur pour évaluer la concentration en millepertuis d’une préparation. C’est le pigment rouge qui donne sa couleur au macérât contenu dans la tige du millepertuis.
  • L’hyperforine est un flavonoïde qui agirait sur la production de neurotransmetteurs intervenant dans les changements d’humeur : sérotonine, dopamine, noradrénaline …

Le millepertuis contient également :

  • Une huile essentielle, contenue dans les sommités fleuries et les feuilles (vésicules)
  • Des tanins
  • De la mélatonine : hormone essentielle au rythme biologique et au sommeil.
  • Des xanthones, aux propriétés sédatives.

Bienfaits et vertus

Posologie et vertus du millepertuis

Dépression (légère, modérée, saisonnière …)

L’effet bénéfique du millepertuis sur la dépression légère ou modérée n’est plus à démontrer. C’est même le principal usage de cette plante depuis l’Antiquité. Pourtant, ce n’est qu’en 1984 en Allemagne, que la Commission E l’ajoute à la liste des traitements aux états dépressifs et à l’anxiété.
Des études visant à démontrer l’efficacité du millepertuis sur les états dépressifs se succèdent depuis les années 60. En 2017, une méta-analyse rassemblant les données de toutes ces études, a été publiée1. Les extraits de millepertuis y étaient dosés entre 0,3 et 5% d’hyperforine, pour des posologies allant de 300 à 1300 mg par jour. Au bout de 4 à 12 semaines de traitement, la méta-analyse conclue que « le millepertuis a une efficacité et une innocuité comparables par rapport aux ISRS [médicaments de la classe psychotrope] ». La méta-analyse montre en outre que le taux d’abandon du traitement au millepertuis est plus faible que celui aux ISRS en raison des effets secondaires bien plus faibles.
En 1999, une étude britannique2 se penche cette fois sur les effets du millepertuis contre dépression saisonnière (TAS). Elle arrive à la conclusion que la plante « semble être un traitement efficace pour le TAS ».
Le millepertuis est la seule plante dont l’usage est reconnu pour traiter les dépressions transitoires, légères à modérées.

Troubles de la ménopause

Le millepertuis est également utilisé pour améliorer les symptômes de la ménopause : irritabilité, bouffées de chaleur, perte de libido.
Une première étude allemande3 menée en 1999 sur 60 femmes âgées de 43 à 65 ans traitées pendant 12 semaines aux extraits de millepertuis, a démontré une amélioration des symptômes psychologiques, psychosomatiques, des bouffées de chaleur et du bien-être sexuel.
Onze ans plus tard, une étude iranienne4 observe l’effet du millepertuis sur la fréquence et la durée des bouffées de chaleur chez la femme ménopausée. L’étude menée en double aveugle avec contrôle placebo, a mis en évidence une nette diminution de la fréquence des bouffées de chaleur chez les femmes recevant le millepertuis.

Antibactérien

Deux études ont contribué à montrer l’action antibactérienne des extraits de millepertuis.
La première en 20015 montre que « des solutions hydratées de thés Hypericum perforatum se sont révélées efficaces sur le plan antimicrobien contre les bactéries gram-positives ».
La seconde qui date de 20046confirme ces propriétés antibactériennes du millepertuis.

Aide au sevrage tabagique

Une étude de petite envergure, menée en 2006 sur 37 personnes7, suggère que les extraits de millepertuis sont efficaces pour maintenir l’arrêt du tabac. Cette étude est cependant à confirmer par d’autres plus vastes, pour pouvoir affirmer que le millepertuis aide au sevrage tabagique.

Brûlures superficielles de la peau, plaies, piqures d’insecte

Depuis des siècles, le macérât huileux du millepertuis est utilisé en application locale pour soulager les affections cutanées légères. Ses propriétés cicatrisantes, anti-inflammatoires et antiseptiques le rendent efficace pour traiter les piqures d’insecte, les brûlures légères, les petites irritations localisées ou les plaies superficielles.
L’OMS reconnait l’usage de l’huile de millepertuis pour soigner « les coupures, irritations, brûlures légères et infections virales de la peau », et la Commission E pour traiter les « les brûlures légères, les douleurs musculaires et contribuer à la cicatrisation des plaies ».

Posologie

Le millepertuis doit être pris sous contrôle médical, il est donc important de demander l’avis de son médecin avant d’entamer une cure.
Il existe différentes formes galéniques de millepertuis, dont dépendra la posologie :

  • Les extraits liquides, essentiellement utilisés en application externe locale, pour traiter les affections de la peau ou les douleurs musculaires. On recommande 1 à 2 ml trois fois par jour.
  • Les extraits standardisés solides à 0,3% d’hypericine : 300 mg 3 fois par jour, au cours de repas.
  • Les teintures mères : de concentration variable selon les préparations, il est indispensable de demander la posologie de chacune à son pharmacien ou médecin.

Effets secondaires et contre-indications

L’usage du millepertuis est déconseillé aux personnes souffrant de troubles bipolaires, en raison de la possibilité d’apparition de crises maniaques.

Le millepertuis peut interagir avec les antidépresseurs de synthèse. Il convient donc de laisser un intervalle de temps suffisant entre l’arrêt du traitement antidépresseur et le début d’un traitement au millepertuis, afin de laisser le temps à l’organisme d’évacuer le médicament.

On recommande aux femmes enceintes et allaitantes d’éviter la prise de millepertuis.

Les effets secondaires à la prise de millepertuis sont rares et le plus souvent bénins, ils peuvent être : fatigue, nervosité, maux de tête, troubles digestifs légers, réaction cutanée.

Il existe de nombreuses interactions entre l’hyperforine contenue dans millepertuis et des médicaments. Il convient de systématiquement demander l’avis de son médecin traitant avant d’entamer une cure.

Références

1. Ng, Q. X., Venkatanarayanan, N., and Ho, C. Y. X. (2017). Clinical use of Hypericum perforatum (St John's wort) in depression: a meta-analysis.
2. Wheatley D. Hypericum in seasonal affective disorder (SAD).Curr Med Res Opin, 1999;15:33-7
3. Grube B, et al. St. John's wort extract: Efficacy for menopausal symptoms of psychological origin. Adv Ther 1999;16:177-186
4. Abdali K, Khajehei M, Tabatabaee HR. Effect of St John's wort on severity, frequency, and duration of hot flashes in premenopausal, perimenopausal and postmenopausal women: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Menopause. 2010; 17(2): 326-31.
5. J. Reichilng, A. Weseler, R Saller, A current review of the antimicrobial activity of Hypericum perforatum L., Pharmacopsychiatry, 34, 116–118 (2001).
6. Avato P, Raffo F, Guglielmi G, Vitali C, Rosato A. Extracts from St John's wort and their antimicrobial activity.
7. Lawvere, S., et al. A Phase II study of St. John's Wort for smoking cessation. Alternative Medicine Review, Dec. 2006, p.

Lise Lafaurie - Diététicienne et nutritionniste

Lise Lafaurie

Diététicienne et nutritionniste, bonne vivante et décomplexante j'ai pour vocation de dépoussiérer la vision austère et vieillotte de la diététique traditionnelle. Auteur du blog Les Frites Vertes, la devise qui m'est chère "si c'est bon pour mes papilles, c'est bon pour mon corps".

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