Kudzu (Pueraria lobata)

Egalement appelé « vigne de Kudzu », cette plante grimpante originaire d’Asie est utilisée depuis des millénaires en médecine traditionnelle chinoise. Si ses usages sont multiples, elle est aujourd’hui utilisée dans la pharmacopée occidentale essentiellement pour traiter les addictions. Focus sur cette plante magique …

Origine

Le kudzu est originaire d’Extrême-Orient, et pousse notamment en Chine, au Japon, en Corée, aux Philippines, en Indonésie, en Malaisie, au Vietnam et en Nouvelle Calédonie.
A la fin du XIXe siècle, les jardiniers américains, conquis par la beauté et le parfum du Kudzu, l’importent aux Etats-Unis, comme plante ornementale fourragère. Mais le kudzu à la croissance très rapide (il peut s’étendre de 300 mètres par an!) s’est révélée être une « mauvaise herbe » à la vivacité impressionnante et redoutable, absorbant sur son passage les champs, les forêts et même les routes et maisons ce qui lui a valu le surnom de « vigne Godzilla ». Malheureusement, les insectes prédateurs de kudzu, largement présents en Asie pour tempérer l’invasion du kudzu, étaient inexistants aux Etats-Unis.
Pourtant le Kudzu est un véritable trésor en Asie, où elle est utilisée en médecine chinoise. En chinois, Kudzu se traduit d’ailleurs par « dissipateur d’ivresse », les chinois du Nord ayant l’habitude au VIIe siècle, d’en consommer pour soigner la « gueule de bois » et accélérer le dégrisement après une consommation excessive d’alcool.
Mais, le kudzu est également une racine très utilisée en cuisine asiatique, puisque ses feuilles sont dégustées en salade, ses fleurs en beignets et ses racines, réduites en poudre, font un excellent épaississant.

Atouts Nutritionnels

C’est essentiellement le tubercule de la racine de Kudzu, réduit en poudre, qui est utilisée en pharmacopée, même si ses feuilles et ses fleurs peuvent l’être aussi dans certains cas.
Les principaux constituants du kudzu sont :

  • des hydrates de carbone, comme toutes les racines, et de nombreux minéraux, tels que le calcium, le phosphore, le sodium et le fer.

  • les flavonoïdes : ces molécules, au fort pouvoir antioxydant, sont particulièrement concentrées dans le kudzu, et en particulier la daidzeine (anti-inflammatoire et anti-microbienne), la génistéine (aux propriétés anti-cancéreuses)et la puérarine (très utilisée en chine pour traiter les maladies cardiovasculaires et coronariennes).
    Mais c’est cette dernière, la puérarine, dont le kudzu est l’unique source naturelle qui lui valent ses vertus anti-addictives.

  • des saponosides : qui préviennent les lésions cellulaires et ont une action hépatorégulatrice en protégeant les cellules du foie des agressions.

  • des composés volatils : et en particulier le méthyle palmitate responsable de son odeur fruitée.

Conseils d’utilisation

Le kudzu peut être pris sous différentes formes et de différentes façons.
Par voie orale, on le trouve :
En comprimés d’extraits normalisés (à choisir avec au moins 8% d’isoflavone). La posologie usuelle est alors de 500 mg d’extraits à prendre trois fois par jour.
En extrait fluide : 60 gouttes dans un verre d’eau à prendre trois à six fois par jour.
En racine : 3 g à diluer dans un verre d’eau.

En bain de bouche ou gargarisme :
1 ml d’extrait dissout dans 100 ml d’eau.

En inhalation :
5 g de fleur séchée dans de l’eau bouillante.

Effets secondaires et contre-indications

La prise de kudzu de façon prolongée est contre-indiquée en cas d’antécédents familiaux de cancer du sein, en raison de sa teneur en isoflavones (phyto-oestrogènes) à l’image du soja.
On le déconseille également aux femmes enceintes et allaitantes en l’absence de données supplémentaires sur le sujet et par principe de précaution.
Il semblerait par ailleurs que le kudzu puisse interagir avec certains médicaments. Dans le doute, il est recommandé de demander conseil à un médecin avant d’entreprendre une cure, en cas de traitement concomitant.

Lise Lafaurie - Diététicienne et nutritionniste

Lise Lafaurie

Diététicienne et nutritionniste, bonne vivante et décomplexante j'ai pour vocation de dépoussiérer la vision austère et vieillotte de la diététique traditionnelle. Auteur du blog Les Frites Vertes, la devise qui m'est chère "si c'est bon pour mes papilles, c'est bon pour mon corps".