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Santé16 juil. 202615 min

Comment l'huile d'onagre peut soulager la ménopause ?

Soulager les symptômes de la ménopause avec l'huile d'onagre. Avantages, dosage et témoignages pour une transition en douceur.
Traverser la ménopause sereinement avec l'huile d'onagre

Sommaire

La ménopause est une étape naturelle dans la vie d’une femme, mais elle se manifeste rarement en silence. Bouffées de chaleur, nuits agitées, troubles digestifs, humeur en dents de scie : ces désagréments proviennent de changements hormonaux profonds, et beaucoup de femmes s'orientent en premier lieu vers des solutions douces avant d’envisager un traitement médicamenteux. C’est précisément là qu’intervient l’huile d’onagre, devenue l’un des compléments alimentaires les plus populaires pour traverser cette transition plus confortablement.

Qu'est-ce que l'huile d'onagre ?

Extraite des graines de la plante Oenothera biennis et surnommée la primevère du soir, cette huile est réputée pour sa richesse en acides gras essentiels. Son atout principal, c’est l’acide gamma-linolénique, ou GLA, un oméga-6 que l’on trouve très rarement dans l’alimentation et que le corps utilise pour fabriquer des messagers impliqués dans la régulation de l’inflammation et l’équilibre hormonal. Originaire d’Amérique du Nord, l’onagre appartient à la famille des onagracées, et ce sont les graines de la plante qui concentrent ce précieux GLA.

Quels sont les bienfaits des capsules d’huile d’onagre pour la ménopause ?

Réduction des bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleur figurent parmi les symptômes les plus fréquents et les plus pénibles de la ménopause. Cette sensation de chaleur qui monte d’un coup, parfois suivie de rougeurs et de transpiration, traduit une dérégulation du thermostat interne liée à la chute des oestrogènes. Riche en oméga-6 et en GLA, l’huile d’onagre est souvent proposée pour aider l’organisme à mieux gérer ces fluctuations, grâce à son rôle dans la régulation de l’inflammation. Un essai randomisé mené chez des femmes ménopausées a observé une diminution de l’intensité des bouffées de chaleur après une prise d’huile d’onagre pendant six semaines, avec un effet notable sur la sévérité ressentie plus que sur la fréquence (1). D’autres travaux se montrent toutefois plus nuancés : un essai britannique de référence n’avait pas mis en évidence de bénéfice supérieur au placebo sur les bouffées vasomotrices (2). Autrement dit, le phénomène existe pour certaines femmes, sans constituer une réponse universelle.

Gestion des sueurs nocturnes

Les sueurs nocturnes sont des bouffées de chaleur qui surgissent en pleine nuit. Elles réveillent, trempent les draps et finissent par épuiser. Là encore, l’hypothèse retenue est que l’huile d’onagre, en soutenant un équilibre hormonal plus stable, pourrait atténuer la fréquence et l’intensité de ces épisodes. L’essai randomisé déjà cité a justement évalué les sueurs nocturnes en parallèle des bouffées de chaleur, et a rapporté une amélioration du confort de sommeil chez les femmes supplémentées (1). 

Effets sur les sautes d’humeur en période de ménopause

L’irritabilité, l’anxiété passagère ou la sensibilité à fleur de peau sont souvent liées aux variations hormonales. Le GLA contenu dans l’huile sert de précurseur à des prostaglandines qui participent à l’équilibre nerveux et émotionnel, un mécanisme déjà bien décrit dans le contexte du syndrome prémenstruel. Une étude clinique conduite chez des femmes ménopausées avec un complément contenant de l’huile d’onagre a montré une amélioration globale des symptômes, y compris l’humeur (3). 

Une amélioration de la qualité du sommeil

Le sommeil paie souvent les pots cassés de la ménopause. Difficile de bien dormir quand on se réveille en sueur ou que l’esprit tourne en boucle. L’intérêt de l’huile d’onagre sur ce plan est surtout indirect : en réduisant les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, elle aide à retrouver des nuits plus reposantes, et un sommeil de meilleure qualité rejaillit ensuite sur l’humeur, l’énergie et la capacité à gérer les autres symptômes. C’est d’ailleurs ce qu’ont rapporté des participantes dans l’étude évaluant un complément à base d’onagre, qui décrivaient un sommeil plus réparateur au fil des semaines (3).

Son impact sur la libido, la sécheresse intime et la sphère gynécologique

La baisse de désir et la sécheresse intime comptent parmi les sujets dont on parle le moins, alors qu’ils touchent énormément de femmes. Ils découlent en grande partie de la baisse du taux d’oestrogènes, qui modifie l’hydratation et la souplesse des muqueuses. En soutenant l’équilibre des acides gras dans le corps, l’huile d’onagre est parfois associée à un meilleur confort intime. Un essai clinique portant sur la fonction sexuelle a observé une amélioration de certains paramètres chez des femmes prenant de l’huile d’onagre (4). 

Ses bienfaits sur la peau

À la ménopause, la peau change de visage. La chute des oestrogènes accélère le vieillissement cutané : la peau s’amincit, perd de son rebond et se déshydrate plus vite, car la production de fibres de collagène ralentit. C’est sur ce terrain que l’huile d’onagre révèle l'un de ses atouts les plus documentés en dehors de la sphère hormonale. Le GLA contenu dans l’huile entre dans la composition des lipides qui assurent l’étanchéité de la barrière cutanée, tandis que la vitamine E naturellement présente apporte une protection antioxydante. Un essai randomisé en double aveugle a montré qu’une supplémentation orale en huile d’onagre, à raison de 3 grammes par jour pendant douze semaines, améliorait significativement l’hydratation, l’élasticité, la fermeté et la résistance de la peau (5). Ces effets intéressent particulièrement les peaux matures, plus exposées à la sécheresse. La recherche dermatologique est cependant contrastée selon les indications : sur l’eczéma, par exemple, une grande synthèse de la littérature n’a pas confirmé de bénéfice clair de l’huile d’onagre ou de l’huile de bourrache prises par voie orale (6). L’effet sur la qualité de la peau saine paraît donc plus solide que sur les pathologies cutanées. Beaucoup de femmes notent aussi un confort accru au niveau des ongles et des cheveux.

Synthèse des principaux effets de l’huile d’onagre sur les manifestations de la ménopause

Symptôme

Mécanisme d’action

Niveau de preuve / Notes

Bouffées de chaleur

GLA et oméga-6 impliqués dans la régulation de l’inflammation et des fluctuations hormonales

Bénéfice sur la sévérité dans certains essais (1)

Sueurs nocturnes

Soutient un équilibre hormonal plus stable

Amélioration rapportée (1)

Sautes d’humeur

Précurseur de prostaglandines liées à l’équilibre émotionnel

Données encourageantes (3)

Qualité du sommeil

Effet indirect via la baisse des bouffées et des sueurs

Bénéfice indirect (3)

Libido et confort intime

Soutien de l’hydratation des muqueuses

Piste préliminaire à confirmer chez la femme ménopausée (4)

Peau

Renforcement de la barrière cutanée, soutien des fibres de collagène, apport de vitamine E

Amélioration de l’hydratation et de l’élasticité démontrée (5)

Quelle différence entre l’onagre et la bourrache, deux huiles souvent complémentaires ?

Si vous cherchez de l'huile d'onagre sur un site de compléments alimentaires, vous trouverez aussi certainement de l’huile de bourrache, presque toujours citée aux côtés de l’onagre. Les deux partagent le même atout : elles fournissent du GLA, ce fameux oméga-6 que le corps peine à produire en quantité. La différence se joue surtout sur la concentration. L'huile de bourrache est nettement plus riche en GLA, avec environ 20 à 24 % de cet acide gras, contre 8 à 10 % pour l'huile d'onagre (14). À dose égale de capsules, la bourrache délivre donc davantage de GLA, ce qui permet parfois de réduire le nombre de prises.

Faut-il en conclure que la bourrache est tout simplement supérieure ? Pas si vite. Des travaux ont comparé les deux sources et montré qu’à apport équivalent de GLA, les taux tissulaires obtenus sont comparables : ce qui compte, c’est la quantité réelle de GLA absorbée (7). Chacune a en revanche sa personnalité d’usage.

  • L’onagre bénéficie d’une longue tradition d’emploi dans la sphère féminine, du cycle menstruel à la ménopause.
  • La bourrache, plus concentrée, est souvent privilégiée quand on vise un apport élevé en GLA sur une courte période.

Comparaison entre l'huile d’onagre et les autres traitements hormonaux sur les niveaux d’oestrogènes

Face aux manifestations de la ménopause, l'approche de référence reste le traitement hormonal de la ménopause, ou THM, qui apporte des oestrogènes, le plus souvent associés à un progestatif. Son efficacité sur les bouffées de chaleur et la sécheresse intime est solidement établie, et il offre par ailleurs une protection reconnue sur la densité minérale osseuse. Mais il ne convient pas à toutes : il s’accompagne de contre-indications et de risques potentiels, notamment un sur-risque de certains cancers et d’événements cardiovasculaires selon le profil et la durée d’utilisation. C’est pourquoi de nombreuses femmes recherchent une approche plus naturelle et douce.

Contrairement au THM, l'huile d'onagre n’apporte pas d’hormones et ne vise pas à relever directement le taux d’oestrogènes. Elle agit en amont, en fournissant des acides gras qui participent à la régulation de l’inflammation et au confort général. Cela explique à la fois son meilleur profil de tolérance et ses effets plus modestes : on ne peut pas attendre d’un complément alimentaire qu’il égale un traitement hormonal sur les symptômes les plus intenses. Les synthèses scientifiques récentes confirment cette nuance, en concluant à un bénéfice réel mais limité de l’onagre sur les symptômes vasomoteurs, surtout sur des cures relativement courtes (8). Sur le plan osseux en particulier, le THM garde une longueur d’avance, même si certaines recherches suggèrent qu’une association d’acides gras et de calcium pourrait soutenir la santé des os.

En pratique, beaucoup de spécialistes considèrent l’huile d’onagre comme une option de première intention pour des symptômes légers à modérés, ou comme un soutien complémentaire, mais pas comme un substitut au THM quand celui-ci est indiqué. Une revue de référence rappelle d’ailleurs que l’huile d’onagre est généralement bien tolérée, ce qui en fait une porte d’entrée raisonnable avant d’envisager un traitement médicamenteux (9). 

Études scientifiques sur l’huile d’onagre et la ménopause

Que vaut vraiment l’huile d’onagre une fois passée au crible de la recherche ? La réponse honnête est : un tableau encourageant mais contrasté, ce qui n’a rien d’inhabituel pour un complément alimentaire. Du côté positif, l’essai randomisé de Kazemi et al. a montré une réduction de la sévérité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes chez des femmes ménopausées après une cure de six semaines (1). Une méta-analyse récente, qui a regroupé plusieurs essais contrôlés, va dans le même sens tout en apportant une précision utile : la baisse de la sévérité des bouffées de chaleur s’observe surtout lorsque l’huile d’onagre est prise pendant moins de six mois, l’effet s’estompant sur le long terme (8).

D’autres travaux invitent à la prudence. L’essai britannique historique sur le GLA n’avait pas trouvé de différence significative par rapport au placebo sur les bouffées vasomotrices (2). Dans le champ voisin du syndrome prémenstruel et des douleurs mammaires, où l’onagre a longtemps été populaire, les données sont également mitigées : une étude rigoureuse sur le syndrome prémenstruel a conclu que l’amélioration observée relevait surtout d’un effet placebo (10), et une grande synthèse sur les douleurs mammaires cycliques n’a pas montré d’avantage de l’huile d’onagre par rapport au placebo ou à d’autres options (11). Ces résultats ne disqualifient pas le produit, mais ils rappellent que ses effets sont réels chez certaines femmes sans être systématiques pour tout le monde.

Sur d’autres terrains, la recherche aide à cadrer les attentes. Concernant le métabolisme, une méta-analyse d’essais cliniques n’a pas mis en évidence d’effet significatif de l’huile d’onagre sur le bilan lipidique, c’est-à-dire le cholestérol et les triglycérides (12). En revanche, du côté osseux, un essai ayant combiné GLA, oméga-3 et calcium chez des femmes âgées a observé un maintien, voire une amélioration de la densité minérale osseuse, un enjeu majeur car la ménopause augmente les risques de fractures (13). Là encore, il s’agit d’une association de nutriments plutôt que de l’onagre seule, et les résultats demandent confirmation. La leçon générale de ces études tient en une phrase : l’huile d’onagre peut apporter un soulagement appréciable, à condition de l’aborder comme un soutien et non comme un remède miracle.

Posologie conseillée de l’huile d’onagre

Bien utilisée, une cure d’huile d’onagre repose sur trois aspects : la bonne dose, la bonne forme et la bonne durée. Voyons chacun de ces points, car c’est souvent là que se joue la différence entre une cure décevante et un résultat optimal.

En combien de temps l’huile d’onagre agit-elle ?

Première chose à savoir : la patience est de mise. L’huile d’onagre n’agit pas comme un médicament à effet immédiat. Il faut généralement compter plusieurs semaines, souvent entre quatre et huit, avant de ressentir une amélioration nette des bouffées de chaleur, du sommeil ou de l’humeur. Cela tient à son mécanisme : le GLA doit d’abord être intégré par le corps et transformé en messagers actifs, un processus qui est progressif. La régularité de la prise compte donc bien plus que la dose ponctuelle. Mieux vaut une petite dose tenue chaque jour qu’une grosse quantité prise de façon irrégulière.

Combien de temps dure une cure d’huile d’onagre, si on l’utilise sans la bourrache ?

Utilisée seule, sans huile de bourrache, l’huile d’onagre se prend habituellement en cure d’au moins deux à trois mois pour espérer un résultat optimal sur les symptômes de la ménopause. Cette durée laisse le temps aux acides gras de s’installer dans l’organisme et de produire leurs effets. Beaucoup de femmes choisissent ensuite de poursuivre sur le long terme, par cures successives entrecoupées de pauses, ou en continu à dose d’entretien tant que les symptômes le justifient. Les données disponibles suggèrent que le bénéfice sur les bouffées de chaleur est plus marqué sur les premiers mois (8), ce qui plaide pour réévaluer régulièrement l’intérêt de la cure avec un professionnel de santé plutôt que de la prolonger indéfiniment sans bilan.

Quel dosage pour obtenir les meilleurs effets ?

La fourchette généralement recommandée se situe entre 500 et 1500 mg d’huile d’onagre par jour, à répartir en deux ou trois prises au cours des repas pour favoriser l’absorption des acides gras (9). Pour des symptômes légers, une dose de 500 à 1000 mg peut suffire ; en cas de gêne plus marquée, on monte volontiers vers 1000 à 1500 mg. L’important n’est pas seulement le poids total de la capsule mais la teneur réelle en GLA, qui doit figurer sur l’emballage. Comme pour tout complément, il est essentiel de demander conseil à un professionnel de santé avant de commencer, en particulier si vous suivez déjà un traitement médicamenteux.

Sous quelle forme l’utiliser ?

L’huile d’onagre se présente principalement sous forme de capsules, parfois sous forme d’huile en flacon. Les capsules, notamment l’huile d’onagre bio, sont préférées pour une raison simple : elles offrent un dosage précis, se conservent mieux et masquent le goût. Les capsules protègent aussi les acides gras de l’oxydation, à laquelle ils sont sensibles, surtout lorsque la formule est enrichie en vitamine E. L’huile liquide peut convenir à celles qui préfèrent éviter les gélules ou ajuster finement la dose, à condition de la conserver au frais et à l’abri de la lumière. Quelle que soit la forme, mieux vaut choisir un produit de qualité, idéalement première pression à froid, pour préserver l’intégrité du GLA contenu dans l’huile.

Guide pratique d’utilisation de l’huile d’onagre pendant la ménopause

Objectif / Profil

Dosage recommandé

Forme conseillée

Durée de la cure

Symptômes légers (confort général)

500 à 1000 mg par jour

Capsules

8 à 12 semaines minimum

Symptômes marqués (bouffées, sueurs)

1000 à 1500 mg par jour, en 2 à 3 prises

Capsules bio

3 mois, puis réévaluation

Confort cutané (peaux matures)

500 à 1000 mg par jour

Capsules avec vitamine E

12 semaines

Entretien sur le long terme

500 mg par jour

Capsules ou huile liquide

Cures renouvelables, avis médical

FAQ : questions fréquentes sur l’huile d’onagre et la ménopause

Peut-on prendre des gélules d’huile d’onagre pendant la ménopause, ou plutôt en péri-ménopause ?

Les deux, et c’est même tout l’intérêt. La péri-ménopause, cette phase de transition qui précède l’arrêt définitif des règles, est souvent marquée par un cycle menstruel irrégulier et les premiers symptômes : bouffées, tension dans la poitrine, irritabilité. C’est justement à ce moment que beaucoup de femmes commencent une cure, car l’huile d’onagre est traditionnellement employée pour accompagner les variations hormonales. On peut bien sûr la poursuivre pendant la ménopause confirmée, lorsque les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes dominent le tableau. Il n’y a pas de fenêtre unique : l’huile d’onagre s’adapte aux deux périodes, à condition d’ajuster la durée et la dose à son ressenti.

L’huile d’onagre peut-elle aider à la perte de poids pendant la ménopause ?

C’est une attente fréquente, car la ménopause s’accompagne souvent d’une prise de poids et d’une redistribution des graisses. Mais soyons clairs: l’huile d’onagre n’est pas un produit minceur. Certaines femmes estiment qu’en soutenant l’équilibre hormonal elle aide indirectement à mieux gérer leur poids, mais les preuves scientifiques manquent. Une méta-analyse d’essais cliniques n’a d’ailleurs pas montré d’effet significatif de l’huile d’onagre sur le bilan lipidique, et rien ne permet d’affirmer qu’elle fait maigrir (12). Elle ne doit en aucun cas remplacer une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, qui restent les leviers les plus efficaces sur le contrôle du poids à cette période de la vie.

L’onagre est-elle efficace lorsque l’on a le ventre gonflé ?

Le ventre gonflé et la rétention d’eau accompagnent souvent les fluctuations hormonales, aussi bien dans le syndrome prémenstruel qu’à la ménopause. C’est précisément un domaine où l’huile d’onagre a une réputation de longue date, grâce au rôle du GLA dans la régulation de l’inflammation et l’équilibre des prostaglandines qui influencent la rétention hydrique. Beaucoup de femmes rapportent une sensation de ballonnement et de gonflement atténuée au fil de la cure. Il faut toutefois rester mesuré : sur le terrain du syndrome prémenstruel, les essais les plus rigoureux n’ont pas toujours confirmé d’effet supérieur au placebo (10). L’onagre peut donc apporter un confort à certaines, surtout sur le plan digestif, mais sans garantie pour toutes. Si les ballonnements sont importants ou persistants, mieux vaut en parler à un médecin pour écarter une autre cause.

Quels sont les inconvénients ou contre-indications de l’huile d’onagre ?

Les effets indésirables les plus courants restent légers : troubles digestifs, nausées passagères ou maux de tête en début de cure. Côté contre-indications, la vigilance s’impose surtout en cas de troubles de la coagulation ou de prise d’anticoagulants, car le GLA peut théoriquement fluidifier le sang. Pour la même raison, il est prudent d’arrêter l’huile d’onagre une à deux semaines avant une intervention chirurgicale, afin de limiter le risque de saignement (9). Elle est par ailleurs déconseillée pendant la grossesse, sauf avis médical, et chez les personnes épileptiques. Dans tous les cas, un avis professionnel est recommandé avant toute cure, en particulier si vous prenez déjà un traitement médicamenteux.

Peut-on utiliser l’huile d’onagre avec d’autres suppléments ?

Oui, dans la plupart des cas. L’huile d’onagre se marie bien avec de nombreux compléments alimentaires, à commencer par la vitamine E, qui protège ses acides gras de l’oxydation et que l’on retrouve souvent dans les mêmes capsules. Elle s’associe aussi fréquemment à l’huile de bourrache, au calcium ou à la vitamine D dans les formules pensées pour la ménopause. Une attention particulière doit être portée à son association avec le calcium : certaines recherches suggèrent que les acides gras essentiels pourraient favoriser l’absorption du calcium et soutenir la densité minérale osseuse (13). Cela dit, multiplier les compléments n’est pas anodin, et le risque d’interactions augmente avec le nombre de produits, surtout en présence d’un traitement médicamenteux. Le réflexe sûr reste de faire le point avec un professionnel de santé.

Où acheter de l’huile d’onagre ?

On trouve de l’huile d’onagre un peu partout : en pharmacie, en parapharmacie, en magasin bio et sur de nombreux sites spécialisés. Mais plutôt que le lieu d’achat, ce sont les critères de qualité qui doivent guider votre choix. Privilégiez une huile obtenue par première pression à froid, idéalement bio, avec une teneur en GLA clairement indiquée sur l’étiquette et la présence de vitamine E pour préserver l’huile contenue dans la capsule. Vérifiez l’origine, la date de péremption et l’absence d’additifs superflus. La pharmacie offre l’avantage d’un conseil personnalisé, utile si vous prenez d’autres médicaments, tandis que les boutiques bio mettent souvent en avant des produits plus naturels. Quel que soit le canal, mieux vaut un produit traçable et bien dosé qu’une offre au rabais dont on ignore la composition réelle.

 

Références scientifiques

1. Kazemi F, Masoumi SZ, Shayan A, Oshvandi K. The Effect of Evening Primrose Oil Capsule on Hot Flashes and Night Sweats in Postmenopausal Women: A Single-Blind Randomized Controlled Trial. J Menopausal Med. 2021;27(1):8-14. doi:10.6118/jmm.20033. PMID: 33942584. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33942584/

2. Chenoy R, Hussain S, Tayob Y, O’Brien PM, Moss MY, Morse PF. Effect of oral gamolenic acid from evening primrose oil on menopausal flushing. BMJ. 1994;308(6927):501-3. doi:10.1136/bmj.308.6927.501. PMID: 8136666. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8136666/

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