L’indice de masse corporelle, ou IMC, est un outil de mesure rapide utilisé par les professionnels de santé pour évaluer la corpulence d’une personne. Créé au 19ème siècle, cet indice sert principalement de référentiel international pour dépister les risques liés au surpoids. Comment le calculer ? Peut-on vraiment s’y fier ?
Comment calculer son Indice de Masse Corporelle (IMC) ?
Comment calculer l'IMC chez l’homme et chez la femme ?
L’indice de masse corporelle, ou Body Mass Index, repose sur un calcul universel qui ne prend en compte que deux variables : le poids et la taille. Le sexe de la personne n’entre pas dans l’équation mathématique, qui est la suivante :
- On divise le poids en kilogrammes par le carré de la taille (en mètre)
- IMC = poids (kg) / taille x taille (m) IMC = kg / m2
Qui a inventé l'IMC et pourquoi ?
L'indice de masse corporelle a été créé en 1832 par Adolphe Quetelet, un scientifique belge. À l'origine, cet indice s'appelait d'ailleurs « indice de Quetelet ».
Quetelet cherchait à définir « l'homme moyen » à partir de données sur de larges populations. Son objectif n'était pas d'évaluer la santé individuelle, mais de créer un outil statistique pour décrire les caractéristiques moyennes d'une population [1]. Ce n'est que dans les années 1970 que l'indice de Quetelet a été rebaptisé « Body Mass Index » (IMC) et adopté par les professionnels de santé comme outil de dépistage rapide du surpoids et de l'obésité. L'Organisation Mondiale de la Santé l'a ensuite généralisé comme référentiel international dans les années 1990.
Paradoxalement, un indice créé pour analyser des populations entières est aujourd'hui utilisé pour évaluer des individus, ce qui explique en partie ses nombreuses limites. Quetelet lui-même n'aurait jamais imaginé que sa formule servirait à déterminer si une personne est « en bonne santé » ou non.
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Indice de Masse Corporelle (IMC) |
Interprétation (Statut) |
Risques pour la santé |
|
Moins de 18,5 |
Insuffisance pondérale (Maigreur) |
Accru (carences, fatigue, anémie) |
|
Entre 18,5 et 25 |
Corpulence normale |
Faible (zone d'équilibre) |
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Entre 25 et 30 |
Surpoids |
Modéré |
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Entre 30 et 35 |
Obésité modérée (Classe I) |
Élevé |
|
Entre 35 et 40 |
Obésité sévère (Classe II) |
Très élevé |
|
Plus de 40 |
Obésité morbide (Classe III) |
Extrêmement élevé |
Pour mieux comprendre comment appliquer la formule, voici trois exemples pratiques avec leur interprétation respective:
- Exemple 1 : Marie, 32 ans, 1,65 m, 58 kg
Calcul : 58 / (1,65 x 1,65) = 58 / 2,72 = 21,3
Marie se situe dans la fourchette « corpulence normale » (entre 18,5 et 25). Son IMC indique un risque faible pour la santé. Elle n'a aucune raison de modifier son alimentation dans un objectif de perte de poids.
- Exemple 2 : Paul, 45 ans, 1,80 m, 95 kg
Calcul : 95 / (1,80 x 1,80) = 95 / 3,24 = 29,3
Paul est en situation de surpoids (entre 25 et 30), avec un risque modéré pour la santé. Il devrait consulter un professionnel de santé pour évaluer sa composition corporelle réelle (masse grasse vs masse musculaire) et, si nécessaire, adapter son hygiène de vie.
- Exemple 3 : Thomas, 28 ans, 1,75 m, 85 kg, pratique la musculation 5 fois/semaine
Calcul : 85 / (1,75 x 1,75) = 85 / 3,06 = 27,8
L'IMC de Thomas indique un « surpoids ». Pourtant, Thomas est un sportif avec un taux de masse grasse de 12% et une excellente santé cardiovasculaire. C'est un cas typique où l'IMC est trompeur. Le muscle étant plus lourd que la graisse, son poids élevé est dû à sa masse musculaire développée, pas à un excès de graisse.
Quel est le poids idéal pour un homme ou une femme selon sa taille ?
Il n’existe pas un poids parfait fixe. Les médecins parlent plutôt de poids de forme ou poids santé. Ce dernier correspond à la zone où votre corps fonctionne de manière optimale avec un risque minimal de troubles métaboliques liés au surpoids.
Comme l’IMC ne change pas selon le sexe, ces fourchettes s’appliquent aussi bien aux hommes qu’aux femmes, même si la répartition de la graisse et du muscle est différente chez les deux sexes.
Voici un ordre d’idée sur votre poids cible selon votre taille.
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Taille (m) |
Poids minimum (kg) |
Poids maximum (kg) |
|
1,50 m |
42 kg |
56 kg |
|
1,55 m |
44 kg |
60 kg |
|
1,60 m |
47 kg |
64 kg |
|
1,65 m |
50 kg |
68 kg |
|
1,70 m |
53 kg |
72 kg |
|
1,75 m |
57 kg |
76 kg |
|
1,80 m |
60 kg |
81 kg |
|
1,85 m |
63 kg |
85 kg |
|
1,90 m |
67 kg |
90 kg |
Cette formule s'applique-t-elle à tout le monde ?
Bien que le Body Mass Index soit une référence internationale pour déterminer la corpulence d'une personne, il est loin d'être une valeur de référence absolue. Pour de nombreux profils, le résultat peut même être trompeur.
Quelles sont les limites de l'IMC ?
Quels facteurs l'IMC ignore-t-il ?
Le principal défaut de l'IMC, c'est qu'il ignore trois facteurs essentiels :
- La répartition des graisses : il ne distingue pas la graisse sous-cutanée de la graisse viscérale. La graisse de stockage que l'on trouve sous la peau peut poser des problèmes d'esthétique et des complexes, mais la graisse viscérale elle, se cache autour des organes comme le pancréas ou le cœur. Elle dérègle le métabolisme et expose à des troubles de santé graves.
- L’âge : avec le temps, la masse musculaire diminue et la masse grasse augmente naturellement. Un IMC normal à 20 ans peut ne plus être parfait à 75 ans.
- Le morphotype : une morphologie endomorphe, une densité osseuse ou une masse musculaire importantes peuvent faire grimper l’IMC sans que cela ne soit lié à un excès de gras.
Pourquoi l'IMC est-il peu fiable pour les sportifs ?
Le cas du sportif est sans doute la plus grande limite de l’IMC. Le muscle est beaucoup plus dense que la graisse et, à volume égal, il pèse plus lourd. Pour une personne très sportive ou adepte de la musculation, l’IMC va souvent afficher un résultat supérieur à 25. Selon le tableau de l’OMS, cette personne serait donc en surpoids ou obèse, alors que son taux de masse grasse est en réalité très bas et sa santé cardio-vasculaire excellente.
L’IMC ne fait pas la différence entre un kilo de muscle et un kilo de gras. Pour un athlète, cet indice est donc pratiquement inutile.
Comment calculer l'IMC d'un enfant ou d'un adolescent ?
On calcule l’IMC d’un enfant avec la même formule, mais on ne peut absolument pas utiliser le tableau des adultes.
Chez l’enfant et l’adolescent, le corps est en pleine croissance et la composition corporelle change constamment. Pour ces tranches d’âge, on utilise plutôt des courbes de croissance (ou courbes de centiles) normalement présentes dans le carnet de santé.
- On place le point d’IMC sur la courbe en fonction de l’âge et du sexe.
- Ce qui compte, c’est la continuité de la courbe.
- Un changement brutal de la forme de la courbe est un signal d’alerte bien plus fiable que le score IMC à lui seul.
L'IMC varie-t-il selon l'origine ethnique ?
Une autre limite importante de l'IMC standard, c’est qu'il ne tient pas compte des différences ethniques. Les recherches scientifiques ont montré que les seuils de risque ne sont pas les mêmes pour toutes les populations.
- Les populations asiatiques. Des études ont démontré que les personnes d'origine asiatique développent des risques de troubles de la glycémie et de maladies cardiovasculaires à des IMC plus faibles que les populations caucasiennes [2]. L'OMS recommande pour eux des seuils ajustés :
Surpoids : dès IMC ≥ 23 (au lieu de 25)
Obésité : dès IMC ≥ 27,5 (au lieu de 30)
Pourquoi ces différences ? Les populations asiatiques ont tendance à développer plus de graisse viscérale (autour des organes) pour un même IMC, comparativement aux populations européennes ou africaines. Cette graisse viscérale est métaboliquement plus dangereuse que la graisse sous-cutanée.
- Les populations d'origine africaine. À l'inverse, certaines études suggèrent que les personnes d'origine africaine ont souvent une densité osseuse et une masse musculaire supérieures, ce qui peut donner un IMC plus élevé sans risque accru pour la santé [3].
Ces variations montrent que l'IMC, conçu à partir de données sur des populations européennes au 19ème siècle, n'est pas un outil universel. Une évaluation complète de la santé doit prendre en compte l'origine ethnique, la répartition des graisses et d'autres facteurs individuels.
Que faire si votre IMC indique un surpoids ?
Vous avez calculé votre IMC et là verdict : vous êtes au-dessus de 25. Pas de panique. Comme nous l'avons vu, ce chiffre n'est qu'une boussole, pas un diagnostic médical complet. Avant de prendre des mesures radicales, agissez avec méthode : déterminez votre taux de masse grasse, vos besoins énergétiques journaliers, puis ajustez votre alimentation, et votre masse musculaire !
Comment trouver son taux de masse grasse ?
C’est l’étape indispensable pour déterminer avec plus de précision votre composition corporelle.
- Utilisez une pince à pli cutané, toujours livrée avec un carnet et des instructions précises. Elle permet de mesurer l’épaisseur de votre peau (et de votre graisse) à divers endroits sur votre corps, et de donner une moyenne assez précise de votre taux de masse grasse.
- Utilisez une balance à impédancemètre qui envoie un courant de très faible intensité dans votre corps, et qui peut estimer votre pourcentage de graisse, de muscle, d’os, d’organes et d’eau. Préférez les machines qui disposent d’un capteur sous les pieds et aux mains pour bien évaluer la répartition des graisses sur l'ensemble du corps. Aussi, certains scanners, comme le Dexa Scan, permettent de donner avec une extrême précision votre composition corporelle.
Les chiffres obtenus à partir de la pince ou de l’impédancemétrie sont beaucoup plus fiables que l’IMC. Le muscle pèse plus lourd que la graisse et peut indiquer à une personne qu’elle est en surpoids alors qu’elle est simplement plus musclée que la moyenne. Le taux de masse grasse permet de savoir si votre poids est composé de tissus actifs (les muscles et les organes), ou de tissu adipeux, de réserve.
Voici des fourchettes de référence concernant le taux de masse grasse considéré comme normal.
|
Catégorie |
Femmes (%) |
Hommes (%) |
|
Graisse essentielle (survie) |
10 – 13 % |
2 – 5 % |
|
Moyenne / "Normal" |
25 – 31 % |
18 – 24 % |
|
Surpoids / Obésité |
Plus de 32 % |
Plus de 25 % |
Comment calculer ses besoins caloriques journaliers ?
Il est important de connaître la tranche qui vous correspond afin d’adapter votre alimentation et conserver un poids de forme optimal, et un IMC en-dessous ou proche de 25 (sauf si vous êtes musclé ou sportif). Pour perdre du gras, il ne faut pas simplement manger moins, mais adapter votre alimentation au plus proche de vos besoins. Votre métabolisme de base, c’est-à-dire ce que votre corps brûle au repos, mais aussi votre dépense calorique totale (vos activités), peuvent être déterminés à partir d’une formule employée par les professionnels de la santé. Il s’agit de la formule Mifflin-St Jeor [4], qui se calcule comme suit :
Pour un homme : (10 x poids (en kg) + (6,25 x taille (en cm)) – (5 x âge) + 5
Pour une femme : (10 x poids (en kg) + (6,25 x taille (en cm)) – (5 x âge) – 161
Une fois que vous avez déterminé votre métabolisme de base avec cette formule, vous devez ensuite le multiplier avec votre niveau d'activité physique (NAP) pour obtenir votre dépense énergétique journalière (DEJ). C’est ce chiffre qui vous indique combien de calories vous brûlez réellement chaque jour.
|
Niveau d'activité |
Description |
Multiplicateur |
|
Sédentaire |
Travail de bureau, peu ou pas d'exercice |
x 1,2 |
|
Légèrement actif |
Exercice léger 1 à 3 fois par semaine |
x 1,375 |
|
Modérément actif |
Exercice modéré 3 à 5 fois par semaine |
x 1,55 |
|
Très actif |
Exercice intense 6 à 7 fois par semaine |
x 1,725 |
|
Extrêmement actif |
Travail physique très dur ou entraînement 2x par jour |
x 1,9 |
Comment adapter son alimentation pour perdre du poids ?
Une fois que vous avez obtenu une valeur précise de votre dépense quotidienne réelle, adaptez votre alimentation très simplement :
- Baissez de 10 à 20% vos apports caloriques par rapport à votre dépense pour perdre de la graisse.
- Adoptez une alimentation variée et équilibrée centrée autour des protéines, des fibres, des acides gras essentiels et des glucides à index glycémique bas (complexes). Vous devez pouvoir adopter cette alimentation propre sur le long terme pour perdre du poids sans le reprendre ensuite. Il est vital que vous n’ayez pas faim durant la période de perte de poids. Vous pouvez vous sentir frustré, avoir envie d’autres aliments, mais vous ne devez surtout pas lutter contre une faim anormale.
- Buvez au moins 2,5 litres d’eau par jour, surtout entre les repas.
- Dormez au moins 7 à 8 heures par nuit.
- Réduisez les sources de stress autant que possible.
- Utilisez si besoin des compléments alimentaires adaptés à la sèche qui vous aideront à poursuivre votre programme avec plus de confort.
- Augmentez en parallèle votre dépense énergétique afin d’atteindre un déficit calorique plus facilement. Tout ce que vous pouvez ajouter d’activité chaque jour est un vrai bonus : marche à pied, jardinage, activités en groupe, etc.
Pourquoi augmenter sa masse musculaire ?
On associe souvent les muscles au narcissisme et aux salles de musculation, mais le simple fait d’être plus musclé est le bouclier le plus efficace contre la perte de masse musculaire liée à l’âge, la perte de densité osseuse, les troubles métaboliques et même la baisse des fonctions cognitives.
- Le muscle est un tissu métaboliquement actif. Plus vous êtes musclé, et plus votre métabolisme de base augmente [5]. Avoir plus de masse musculaire, c’est brûler plus de calories au repos, même en dormant ! C’est aussi l’outil idéal pour stabiliser votre poids sur la durée.
- Des muscles forts renforcent les os [6]. La tension exercée par les muscles lors d’une séance de sport stimule la création de nouvelles cellules osseuses.
- La perte de muscle liée à l’âge, la sarcopénie, est la cause principale de la perte d’autonomie. Rester musclé, c’est s’assurer de pouvoir monter les escaliers, porter des courses seul et rester indépendant jusqu’à un âge très avancé [7].
- Les muscles stockent des acides aminés comme la glutamine, dont le système immunitaire a besoin pour fonctionner. En cas de baisse de forme, un corps musclé récupère plus vite car il dispose de réserves pour fabriquer des anticorps et réparer les tissus [8].
- La contraction musculaire libère des myokines, des molécules surnommées « molécules de l’espoir ». Elles voyagent des muscles vers le cerveau et y agissent comme un engrais. Elles améliorent l’humeur, réduisent l’anxiété et protègent contre le déclin cognitif [9]. L’activité physique libère également du lactate, un substrat produit par le muscle et qui nourrit le cerveau [10]. Les neurones l’utilisent directement comme source d’énergie alternative au glucose.
Le tour de taille est-il plus fiable que l'IMC ?
Si l’IMC est une mesure de volume global, le tour de taille, lui est une mesure qui indique clairement si votre santé est en danger à cause de votre surpoids. Vous avez de la graisse sur les hanches, les cuisses, et un peu de cellulite ? Pas de danger. Vous avez de la graisse essentiellement localisée sur la sangle abdominale ? Là oui, il faut agir.
La graisse abdominale indique qu’il y a de fortes probabilités que vous ayez aussi de la graisse logée entre vos organes dans votre cavité abdominale. Contrairement à la graisse sous-cutanée qui est simplement inesthétique, la graisse viscérale est métaboliquement active et court-circuite les signaux du corps.
- Elle augmente la résistance à l’insuline et perturbe la gestion du sucre par le foie, augmentant les risques de déséquilibres de la glycémie.
- Elle favorise l’encrassement des artères et augmente la pression artérielle.
- Elle favorise le stockage des graisses et réduit la mobilisation du tissu adipeux en cas de besoin énergétique.
- Elle brouille les signaux de faim et de satiété, ce qui pousse à manger plus et plus souvent.
Comment mesurer correctement son tour de taille ?
Pour obtenir une mesure fiable de votre tour de taille, suivez cette méthode recommandée par les professionnels de santé.
- Munissez-vous d'un mètre ruban souple (de couturière). Tenez-vous debout, pieds légèrement écartés, le corps détendu. Localisez le point de mesure : à mi-distance entre la dernière côte et le haut de l'os de la hanche (crête iliaque), généralement au niveau du nombril. Placez le mètre ruban horizontalement autour de votre taille, sans serrer ni laisser trop de mou. Le ruban doit être bien à plat contre la peau.
- Respirez normalement et prenez la mesure à la fin de l'expiration, sans rentrer le ventre. Notez la valeur en centimètres. Pour plus de précision, répétez la mesure trois fois et faites la moyenne.
Le tour de taille est un excellent indicateur de graisse viscérale. Voici les valeurs de référence établies par l'Organisation Mondiale de la Santé :
|
Sexe |
Risque accru |
Risque élevé |
|
Femmes |
≥ 80 cm |
≥ 88 cm |
|
Hommes |
≥ 94 cm |
≥ 102 cm |
Si votre tour de taille dépasse ces seuils, il existe un risque accru de troubles métaboliques, même si votre IMC est dans la norme. Cette mesure simple est particulièrement utile pour les personnes ayant un IMC compris entre 25 et 35.
Quelles sont les autres méthodes pour évaluer son poids de forme ?
Au-delà de l'IMC, du tour de taille et des mesures de composition corporelle, il existe d'autres indicateurs reconnus par les professionnels de santé.
Le rapport taille/hanches (RTH)
Cet indice évalue la répartition des graisses dans le corps en comparant le tour de taille au tour de hanches.
- Mesurez votre tour de taille (au point le plus étroit) et votre tour de hanches (au point le plus large).
- Divisez le tour de taille par le tour de hanches.
- RTH = Tour de taille (cm) / Tour de hanches (cm)
- Femmes : RTH < 0,80 = normal | RTH > 0,85 = risque élevé
- Hommes : RTH < 0,95 = normal | RTH > 1,0 = risque élevé
Un RTH élevé indique une concentration de graisse au niveau abdominal associée à un risque cardiovasculaire accru. Un RTH faible indique une répartition sur les hanches et cuisses, moins problématique pour la santé.
L'indice de masse grasse (IMG)
Contrairement à l'IMC qui ne différencie pas muscle et graisse, l'IMG prend en compte l'âge et le sexe pour estimer le pourcentage de masse grasse.
Formule de Deurenberg :
-
IMG (%) = (1,20 × IMC) + (0,23 × âge) – (10,8 × sexe) – 5,4
(Sexe = 1 pour les hommes, 0 pour les femmes)
Valeurs de référence :
- Hommes : normal entre 10 et 20% | excès > 25%
- Femmes : normal entre 20 et 30% | excès > 35%
Le rapport taille/hauteur (RTT)
Méthode simple qui consiste à diviser votre tour de taille par votre taille (les deux en centimètres).
- RTT = Tour de taille / Taille
Votre tour de taille devrait être inférieur à la moitié de votre taille. Si le résultat est > 0,5, il y a un risque pour la santé. Cette méthode est particulièrement utile pour toutes les tranches d'âge, y compris les enfants.
Quand consulter un professionnel de santé ?
L'IMC est un outil de dépistage, pas un diagnostic. Certaines situations nécessitent l'avis d'un médecin, d'un nutritionniste ou d'un diététicien :
- Si votre IMC est inférieur à 18,5 : une insuffisance pondérale peut entraîner des carences nutritionnelles, de la fatigue chronique, une fragilité osseuse, des troubles hormonaux et une immunité affaiblie. Une consultation s'impose pour identifier les causes (alimentation insuffisante, troubles du comportement alimentaire, problème de santé sous-jacent).
- Si votre IMC dépasse 30 : l'obésité augmente significativement les risques de diabète de type 2, d'hypertension, d'apnée du sommeil, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Un suivi médical permet d'élaborer un programme adapté et d'identifier d'éventuels troubles métaboliques.
- En cas de variation rapide et inexpliquée : une prise ou perte de plus de 5% de votre poids en moins de 6 mois, sans changement volontaire de mode de vie, peut signaler un problème de santé (trouble thyroïdien, diabète, dépression, etc.).
- Si vous avez des symptômes associés : fatigue intense, essoufflement au moindre effort, douleurs articulaires, troubles du sommeil, modifications de l'appétit ou de l'humeur justifient une consultation même avec un IMC « normal ».
Un professionnel pourra réaliser un bilan complet incluant la mesure de la composition corporelle, des analyses sanguines et une évaluation globale de votre état de santé.
Références :
[1] Eknoyan G. Adolphe Quetelet (1796-1874)--the average man and indices of obesity. Nephrol Dial Transplant. 2008 Jan;23(1):47-51. doi: 10.1093/ndt/gfm517. Epub 2007 Sep 22. PMID: 17890752.
[2] WHO Expert Consultation. Appropriate body-mass index for Asian populations and its implications for policy and intervention strategies. Lancet. 2004 Jan 10;363(9403):157-63. doi: 10.1016/S0140-6736(03)15268-3. Erratum in: Lancet. 2004 Mar 13;363(9412):902. PMID: 14726171.
[3] Wagner DR, Heyward VH. Measures of body composition in blacks and whites: a comparative review. The American Journal of Clinical Nutrition, 2000; 71(6): 1392-1402.
[4] Mifflin MD, St Jeor ST, Hill LA, Scott BJ, Daugherty SA, Koh YO. A new predictive equation for resting energy expenditure in healthy individuals. Am J Clin Nutr. 1990 Feb;51(2):241-7. doi: 10.1093/ajcn/51.2.241. PMID: 2305711.
[5] Zurlo F, Larson K, Bogardus C, Ravussin E. Skeletal muscle metabolism is a major determinant of resting energy expenditure. J Clin Invest. 1990 Nov;86(5):1423-7. doi: 10.1172/JCI114857. PMID: 2243122; PMCID: PMC296885.
[6] Hong AR, Kim SW. Effects of Resistance Exercise on Bone Health. Endocrinol Metab (Seoul). 2018 Dec;33(4):435-444. doi: 10.3803/EnM.2018.33.4.435. PMID: 30513557; PMCID: PMC6279907.
[7] [Shen Y, Shi Q, Nong K, Li S, Yue J, Huang J, Dong B, Beauchamp M, Hao Q. Exercise for sarcopenia in older people: A systematic review and network meta-analysis. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2023 Jun;14(3):1199-1211. doi: 10.1002/jcsm.13225. Epub 2023 Apr 14. PMID: 37057640; PMCID: PMC10235889.
[8] Pence BD. Skeletal Muscle and the Immune System. Adv Exp Med Biol. 2025;1478:545-571. doi: 10.1007/978-3-031-88361-3_23. PMID: 40879955.
[9] Pedersen BK. The Physiology of Optimizing Health with a Focus on Exercise as Medicine. Annu Rev Physiol. 2019 Feb 10;81:607-627. doi: 10.1146/annurev-physiol-020518-114339. Epub 2018 Dec 10. PMID: 30526319.
[10] Brooks GA. The Science and Prophets of Lactate Efficiency. Cell Metabolism, 2018; 27(4): 757-785.
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