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Trèfle rouge

Cette plante fabacée également appelée trifolium pratense, est utilisée depuis des siècles en Chine et en Russie pour ses nombreuses vertus médicinales. Focus sur le trèfle rouge, la plante aux multiples usages phytothérapique …

Origine

Origine et vertus du trefle rougeAussi appelé « Trèfle des prés », « trèfle violet » ou encore « queue de renard », le trèfle rouge est une plante vivace probablement originaire d’Espagne. On le trouve abondamment dans différents pays d’Europe, sur le pourtour méditerranéen et en France mais sa résistance au froid en fait également une des plantes fourragères les plus répandues en Scandinavie et au Canada. Sa culture a été développée plus récemment dans les zones tempérées et humides d’Amérique et d’Australie.
A l’Antiquité, les druides la considéraient comme une plante sacrée et lui attribuaient le pouvoir de repousser les mauvais esprits.
Les celtes irlandais quant à eux, honoraient le trèfle à cause de ses trois feuilles, le numéro trois étant un chiffre sacré pour eux.
Plus tard, il est employé en Chine et en Russie pour traiter certains problèmes respiratoires. En Asie et en Occident, ses indications sont nombreuses et on lui prête des vertus dépuratives, diurétiques, cholérétiques, antispasmodiques et expectorantes.
Elle est aussi utilisée en externe pour soigner les affections cutanées de type eczéma, démangeaisons et psoriasis.
Au début du XXè siècle, on la retrouve dans certaines préparations « anticancéreuses » populaires telles que la formule d’Hoxsey.
Si la plupart des usages traditionnels du trèfle rouge sont tombés en désuétude, son action ostrogénique, due aux isoflavones qu’elle contient, fait remonter sa côte de popularité ces dernières années.

Atouts Nutritionnels

Coté nutrition, le trèfle rouge est relativement riche en minéraux (calcium, magnésium, phosphore, potassium …), en oligo-éléments (bore, chrome, cobalt, cuivre, fer, zinc, sélénium …) et en vitamine (C, E, K, groupe B). Il contient également des tanins, des acides organiques et des pigments.

Outre ces éléments nutritifs, le trèfle rouge contient quatre isoflavones (biochanine, Formononétine, Génistéine, Daidzeine) qui ont la particularité de se transformer en equol – aux propriétés proches de l’œstradiol - dans l’organisme.
Enfin, le trèfle rouge contient des saponines et de la coumarine aux propriétés anticoagulantes et fluidifiantes.

Bienfaits et vertus

Atténuation des symptômes de la ménopause

Il a été établi que les isoflavones contenus dans le trèfle rouge stimulait les niveaux affaiblis d’œstrogène chez les femmes en période de ménopause. Les chercheurs ont donc ainsi tenté de démontrer qu’un extrait de trèfle rouge riche en isoflavone pouvait soulager les symptômes de la ménopause.
Plusieurs études ont été menées et ont révélé une amélioration des symptômes123 (en particulier les bouffées de chaleur et l’anxiété), corroborant cette hypothèse.

Prévention de l’ostéoporose

La ménopause se traduit par une chute de la production d’œstrogènes, susceptible d’aggraver la déminéralisation osseuse et donc l’ostéoporose.
La richesse du trèfle rouge en isoflavones à l’effet proche de l’œstradiol peut enrayer ce phénomène et protéger le capital osseux de la femme ménopausée.
Plusieurs études ont été effectuées pour corroborer cette hypothèse : la première est une étude australienne menée en 20014 qui a obtenu des résultats prometteurs, mais qui a été réalisée sans groupe témoin. Elle est suivie d’une seconde étude britannique en 20045, dont les résultats suggèrent qu’« en atténuant la perte osseuse, les isoflavones ont un effet potentiellement protecteur sur la colonne lombaire chez les femmes ».
Enfin, un récent essai clinique mené en 20176 sur 78 femmes ménopausées qui ont absorbé 60 mg d’extraits de trèfle rouge deux fois par jour pendant un an, montre une atténuation de la perte osseuse au niveau du col du fémur et des vertèbres lombaires.

Activité anti-cancéreuse

Le trèfle rouge est considéré comme anti-cancéreux depuis le XVIIIe siècle par médecins et herboristes, il entre même dans la composition de différentes préparations populaires sensées traiter le cancer.
Une première étude menée en 1993 observe l’effet de différents isoflavones (dont la biochanine du trèfle rouge) sur les cellules cancéreuses gastro-intestinales7. Elle conclue que « la biochanine A et la génistéine, inhibent la croissance cellulaire in vitro de lignées cellulaires du cancer de l’estomac par l’activation d’une voie de transduction du signal pour l’apoptose. De plus, des expériences in vivo démontrent que la biochanine A peut être utilisée comme agent anticancéreux. »
Quelques années plus tard, une autre étude effectuée sur des souris, confirme que les isoflavones du trèfle rouge exercent une certaine activité inhibitrice sur les cellules cancéreuses8.

Posologie

Les dosages varient en fonction du mode de préparation.

  • En teinture mère (1:10, 45 % alcool) : 1 à 2 ml, 2 à 3 fois par jour.

  • Extrait fluide (1:1, 25 % alcool) : 1 ml 3 fois par jour

  • En gélules ou capsules, généralement dosées à 500 mg : 4 à 8 gélules par jour

  • En tisane : faire infuser 4 g de sommités fleuries séchées dans une tasse de 250 ml d’eau, 2 à 3 fois par jour.

Effets secondaires et contre-indications

En raison de l’absence de données sur la question et par mesure de précaution, les femmes enceintes et allaitantes éviteront d’entamer des cures de trèfle rouge.
Il est également contre-indiqué pour les femmes ayant des antécédents de cancers hormonaux-dépendants (seins, utérus).

Les effets du trèfle rouge peuvent s’associer à ceux d’autres plantes riches en isoflavones.
En cas de traitement anticoagulant ou antiplaquettaires, demandez l’avis de votre médecin avant d’entreprendre une cure de trèfle rouge.

Les effets secondaires sont très rares et peuvent être des maux de tête, des nausées ou des éruptions cutanées.

Références

1. van de Weijer PH, Barentsen R. Isoflavones from red clover (Promensil) significantly reduce menopausal hot flush symptoms compared with placebo.Maturitas. 2002 Jul 25;42(3):187-93
2. Lukaczer, D., Darland, G., and Tripp, M. (2005). Clinical effects of a proprietary combination isoflavone nutritional supplement in menopausal women: A pilot trial
3. Hidalgo LA, Chedraui PA, et al. The effect of red clover isoflavones on menopausal symptoms, lipids and vaginal cytology in menopausal women: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Gynecol Endocrinol. 2005 Nov;21(5):257-64.
4. Clifton-Bligh PB, Baber RJ, et al. The effect of isoflavones extracted from red clover (Rimostil) on lipid and bone metabolism.Menopause. 2001 Jul-Aug;8(4):259-65.
5. Atkinson C, Compston JE, et al. The effects of phytoestrogen isoflavones on bone density in women: a double-blind, randomized, placebo-controlled trial.Am J Clin Nutr. 2004 Feb;79(2):326-33. Texte intégral [Consulté le 4 février 2005] : www.ajcn.org
6. Lambert, M. N. T., Thybo, C. B., Lykkeboe, S., Rasmussen, L. M., Frette, X., Christensen, L. P., & Jeppesen, P. B. (2017). Combined bioavailable isoflavones and probiotics improve bone status and estrogen metabolism in postmenopausal osteopenic women: a randomized controlled trial. The American Journal of Clinical Nutrition, 106(3), 909-920. https://doi.org/10.3945/ajcn.117.153353
7. Yanagihara K, Ito A, et al. Antiproliferative effects of isoflavones on human cancer cell lines established from the gastrointestinal tract.Cancer Res 1993 Dec 1;53(23):5815-21.
8. Rice L, Samedi VG, et al. Mechanisms of the growth inhibitory effects of the isoflavonoid biochanin A on LNCaP cells and xenografts*. Prostate. 2002 Aug 1;52(3):201-12.

Lise Lafaurie - Diététicienne et nutritionniste

Lise Lafaurie

Diététicienne et nutritionniste, bonne vivante et décomplexante j'ai pour vocation de dépoussiérer la vision austère et vieillotte de la diététique traditionnelle. Auteur du blog Les Frites Vertes, la devise qui m'est chère "si c'est bon pour mes papilles, c'est bon pour mon corps".